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Interview de Ronan Lafaix
Lundi, 18 Août 2008 15:00
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 Ronan Lafaix

Interview de Ronan Lafaix, réalisée le 18/08/2008 par Didier Lanne pour son blog

 

D.L : Ronan, tu viens de publier ton premier livre « tennis, soyez P.R.O. la méthode pour oser » aux éditions Amphora, peux-tu nous parler de cette expérience ?

 

R.L : C’est une expérience extraordinaire que m’a permis de vivre Renaud Dubois (mon éditeur). Cela m’a aidé à structurer et  préciser ma méthode. J’ai ainsi pu faire un bilan de ces années de recherches passées sur le terrain et en dehors. J’en profite pour remercier tous les joueurs* qui ont accepté de partager leur expérience sur le circuit professionnel tout au long de l’ouvrage. Ca été une belle aventure humaine.

 

D.L : Aujourd’hui, après toutes ces années passées au contact de ce sport, parle-moi du tennis.

 

R.L : Je trouve que c’est un des sports les plus passionnant ; il allie le mental, la technique et le physique. Pour bien jouer, j’ai besoin de me détacher de mon adversaire afin de me polariser que sur moi, de façon à mieux me connaître, m’accepter. Lorsque j’ « apprivoise » mes émotions, je peux naturellement observer l’autre sans jugement avec l’aide de mes sens en éveil. Je suis alors au moment présent. Je sais que sans cela, ma technique va « bouger » avec l’arrivée des émotions.

 

D.L : Comment faire comprendre ça à un joueur ?

 

R.L : La première chose qui vient à l’esprit : c’est la SINCERITE. J’ai besoin d’être honnête avec moi-même. Pour cela, la conscience que j’ai de moi, de mon corps doit être au programme. Comment  fonctionne-t-il ? Mais aussi, où j’en suis avec  mes démons internes ? Ais-je mis des mots dessus ? C’est une étape qui me semble indispensable. Bref, je le vois, c’est une véritable aventure humaine (comme le dit Cédric Pioline dans la préface du livre).

 

D.L : Donc, qui contrôle le joueur ?

 

R.L : C’est toujours son cerveau qui le contrôle. A un moment donné, le joueur doit devenir le « dresseur » de son cerveau, car dans le cas contraire, c’est le cerveau qui devient le maître du jeu et qui va faire ce qu’il veut du joueur. Un peu comme s’il jouait avec une console de jeu et qu’il disait : «  là, je te fais gagner, mais tu ne sais pas comment tu as fait, là au contraire, je te fais perdre ».

Pour moi, le cerveau est un fauve en cage, qu’il faut canaliser pour l’empêcher de faire ce qu’il veut de moi. Il a besoin d’un cadre.

 

D.L : Selon toi, et j’imagine que cela dépend de la personne, peut-on dresser systématiquement son cerveau ?

 

R.L : Bien sûr, la première chose, c’est d’avoir un projet précis, des buts et des objectifs pour l’atteindre…Connaître ses valeurs et les règles du jeu pour être sûr qu’elles soient en adéquation avec le sport pratiqué. Personnellement j’aime bien faire dresser la liste de ses valeurs au joueur dont je m’occupe. Cela lui permet de vérifier qu’elles sont bien en phase avec son activité. Tu le vois bien ici, il est primordial que le cerveau sache où il va. Qu’il soit rassuré un peu comme un enfant de 5 ans qui peut avoir certaines peurs. De quoi a-t-il besoin ?

Aller faire de la compétition, entrer dans l’arène c’est : savoir ce que tu viens y faire, y chercher et savoir qu’il va y avoir  un «  mort » à la fin. Enfin, L’ACCEPTER.

Le fait de préciser mes objectifs va dans le sens de rassurer mon esprit . En effet, mon cerveau adore savoir avec qui il va jouer, pendant combien de temps… Il aime connaître les règles du jeu, la durée de l’exercice, bref le plus d’information possible. Ne perdons pas de vue que le cerveau déteste l’incertitude. Attention, car rien n’est jamais acquis, le fauve veille, si je lui tourne le dos attention danger !

 

DL : En conclusion, qu’as-tu envie de nous dire ?

 

R.L : Tout simplement que le sport conduit à se comprendre, à se remettre en question ce qui va bien évidemment me servir dans la vie de tous les jours.

 

D.L : Merci beaucoup Ronan !

 
Le mot du mois:
L'acceptation

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Liz Wardley filme son démâtage:

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