Navigation: Home La méthode pro Extraits du livre “Ose devenir qui tu es.” André Gide
“Ose devenir qui tu es.” André Gide
Lundi, 25 Août 2008 22:36
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steff yeux fermes

Pour avoir commencé le tennis tardivement et avoir voulu en faire mon métier (je voulais devenir enseignant et non champion !) je me trouve rapidement confronté à une obligation de résultat et de réussite pour passer le fameux diplôme. Le travail remplace rapidement le jeu, l’entraînement le plaisir. Pour moi (et peut-être pour certains d’entre vous ?) :

L’ÉQUATION TRAVAIL + RIGUEUR = RÉUSSITE

Cette phrase m’a longtemps obsédé, elle est gravée en moi. Alors ma détermi- nation est tellement forte que je fais de cette maxime, ma raison de vivre. Ma motivation pour cette croyance est totale. Au boulot, tel un pro : deux entraînements de tennis par jour, de la musculation, de l’athlétisme. Tout y passe : les vacances, les week-ends. Je suis le bon élève, mais malgré tous ces efforts, le résultat est souvent le même :

• Je me blesse ou je suis malade avant d’aller en tournoi. La peur, le stress, de quoi ai-je peur ?

• Je suis victime de crampes au bout de deux sets accrochés. Mon jeu est-il assez fluide ?

• Je m’énerve contre moi-même et/ou contre mon adversaire. Mes objectifs sont- ils clairs et précis ?

La compétition est-elle en accord avec mes valeurs ?

Tout proche d’accéder au “bonheur” d’obtenir le classement pour passer le diplôme d’État, mon mental me lâche en pensant que la partie est gagnée. Comment faire pour vivre le moment présent ?

Bref, il me faut quatre saisons pour passer de 15/3 à 15/2. Moniteur de tennis à vingt-cinq ans, quel talent…

Eh bien, puisque j’ai du talent, je vais en faire profiter les autres !

J’entraîne les joueurs dont je m’occupe en club, avec cette même rigueur, ce même engagement qui amène à tant de “victoires” ! Et c’est vrai que sous la “torture” et dans une ambiance “guerrière” les résultats sont là. Mais à quel prix ? Où se trouve le plaisir de venir faire du sport dans de telles conditions ? Pour les élèves comme pour moi c’est devenu de la souffrance. Heureusement la vie est bien faite, à condition de savoir l’écouter, de tendre l’oreille, d’entendre ce qu’elle nous dit. Un jour du mois d’avril, mon corps me fait comprendre qu’il n’en peut plus de ce stress et de cette débauche d’énergie mal canalisée. Je prends conscience à ce moment-là, qu’avant de vouloir “transformer” les autres, j’ai besoin de me remettre en question afin de trouver mon propre chemin. Pour cela il me faut du temps pour réfléchir et analyser la situation. Alors, rien ne vaut la marche pour apprendre à mieux se connaître. Je m’offre la traversée des Pyrénées par les crêtes (de l’Atlan- tique à la Méditerranée), quarante-deux jours en solitaire. J’apprends la patience, la justesse de l’effort, je découvre le calme et la paix intérieure ainsi que la vraie concentration naturelle, aidé en cela par l’immensité du paysage et de la nature. Je vois l’importance de programmer mon cerveau aux conditions les plus pénibles qui soient. Il n’y a pas d’étape facile ou difficile, il y a en revanche un grand travail d’analyse en amont : étude du relief sur la carte, observation de la météo grâce à mon altimètre afin d’anticiper les pièges de la journée.

En effet, avant chaque étape lorsque je me prépare ainsi, tout se déroule à merveille. Je ne me perds pas, je reste concentré. À chaque arrivée, je prends le temps de faire un bilan de ma journée, en dessinant et en notant mes impressions, mes sensations sur un carnet. C’est mon rituel juste avant de monter ma tente. Je découvre le plaisir du dépassement de soi physique et mental en allant chercher au plus profond de moi les capacités et les ressources (insoupçonnées) dont j’ai besoin pour franchir les nombreux obstacles qui se présentent à moi pendant l’étape. Ma motivation est totale, je n’ai qu’une idée en tête : aller au bout de mon rêve. Je sens que c’est vital pour moi. Je me retrouve pour la première fois de ma vie face à moi-même, en me regardant vraiment dans un miroir. Je ne peux plus tricher ou chercher des excuses. Je suis de mieux en mieux avec moi, beaucoup plus léger grâce à l’acceptation de mes faiblesses mais aussi de mes forces. Mais surtout, je prends conscience que le bonheur ce n’est pas d’avoir, mais d’être (souvenir d’une soirée passée avec un berger basque heureux). En effet, mon sac se vide au fur et à mesure du temps qui passe, je m’allège matériellement pour ne garder que l’essentiel. “Je lâche”. Mais pourquoi est-il toujours aussi difficile de faire simple ? C’est une étape importante de ma vie. À mon retour, mes yeux ne sont plus tout à fait les mêmes. Je m’ouvre au monde. Je m’intéresse à la respiration et à tout ce qu’elle apporte comme bien-être. C’est une révélation pour moi. Je travaille pendant plusieurs années sur le “lâcher-prise” mental et physique en pratiquant la sophrologie. Je me forme également à la communication interne et externe grâce à la programmation neurolinguistique et à l’hypnose éricksonienne. C’est grâce à cette dernière technique que je commence à comprendre le fonctionnement de mes deux cerveaux. Au fil de ces formations, de la compréhension des choses, je sens en moi le désir de changer ma façon d’appréhender l’enseignement du tennis et ma vie. Mon approche ne sera plus jamais la même. C’est un virage à 180°. Ce qui va se passer par la suite va me donner raison. Pendant plusieurs années, j’ex- périmente sur le terrain et en dehors, jusqu’à trouver la bonne tonalité afin que le mental, la technique et le physique se développent en harmonie et ne fassent plus qu’un. La méthode P.R.O. vient de naître. La nouvelle équation est désormais :

POSER + RESPIRER + OBSERVER = POTENTIEL MAXIMUM

Cette nouvelle voie me permet de vivre des expériences que je n’aurais jamais osé imaginer.

Trois aventures particulières me font dire que je suis dans la bonne direction, en osmose avec mes valeurs.

 
Le mot du mois:
L'acceptation

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